10 idées pour aider Louis Aliot

Ami·e de gôche, ami·e perpignanais·se, tu as un problème, un gros problème. Voire un très gros problème.
Louis Aliot est bien le nouveau maire de Perpignan. Il va le rester pour 6 ans, c’est une certitude vu que c’est la loi qui le dit. Mais il a été élu de peu. De très peu.
Il y a toujours un risque qu’il soit battu en 2026 par un vulgaire candidat de droite. Pire, il pourrait être battu par un candidat de La République en Marche, tu sais le parti honni pour lequel tu votes systématiquement au second tour de la présidentielle.
Mais tu as tant travaillé depuis 2008 à l’arrivée au pouvoir de Loulou Aliot, aidant la gôche à passé de 40,29 % en 2008 à 21,83 % en 2020, avec une baisse continue des scores aux différentes élections locales depuis 2009.
Loulou te donne une raison de vivre, Loulou te donne une raison de te lever le matin. Loulou est ta validation ontologique.
Sans Loulou tu n’es pas !
Sans Loulou tu n’es rien !
Sans Loulou pas de gôche à Perpignan !
La preuve, 3 listes de gôche en 2020, dont 2 têtes de liste de centre droit ! C’est dire si sans Loulou la farce aurait été bien visible.
Ami·e de gôche, ami·e perpignanais·se, voici quelques idées pour t’aider à la réélection de Louis Aliot en 2026, et dès le premier tour !
Ne me dis pas merci, j’aime faire plaisir.

Sommaire

  1. Être de droite et prétendre le contraire tu feras
  2. La sécurité, raciste tu trouveras
  3. Le mépris de classe, tu pratiquera
  4. Du terrain, tu ne feras pas
  5. Des postures tu prendras
  6. Aucune solution tu ne proposeras
  7. La forme sur le fond tu préféreras
  8. Geindre tu feras
  9. Des discours insipides tu tiendras
  10. L’inculture tu promouvras

Idée 1 : Être de droite et prétendre le contraire tu feras

En 2014 et en 2020 la gôche était représentée par des candidats plutôt sociaux-démocrates, voire sociaux-libéraux en 2020. L’extrême gôche, en 2020, était même représentée par une tête de liste revendiquant avoir voté centre droit aux précédentes municipales, c’est dire.
On se déclarera marxiste, mais on défendra des politiques socio-démocrates.
On se déclarera écologiste, mais on défendra des infrastructures et des projets climaticides.
On se déclarera socio-démocrates, mais on pleurera pour rentrer dans un gouvernement social-libéral, en invoquant le besoin d’un gouvernement « d’union nationale ».
On se déclarera municipaliste, mais interrogé sur ses références littéraires on refusera de répondre « Murray Bookchin ».
L’électeur tenté par la gôche doit être perdu. Il ne doit pas comprendre la logique des programmes, la logique des idées.
Ainsi, dans un doute métaphysique aboutissant à un mal-être ontologique, il ne pourra que voter pour ceux qui ont des programmes clairs. Et qui a un programme clair ? Loulou, bien évidemment.

Idée 2 : La sécurité, raciste tu trouveras

L’insécurité c’est dans les quartiers pauvres, pas trop dans les quartiers riches, où tu vis ami·e de gôche. Tu n’es que moyennement impacté·e. Les pauvres, eux, sont fortement impactés. Mais attention, les pauvres sont idiots, ils sont capables de voter pour la gauche, la « vraie gauche », celle de la défense des droits fondamentaux, celle de la lutte contre les inégalités. Clairement cette gauche dont tu ne veux pas.
Alors tu critiqueras publiquement toutes les mesures de sécurité de Loulou, sans te soucier de réaliser une analyse préalable de ces mesures. Ainsi tu montreras qu’être de gôche c’est ne rien avoir à foutre des conditions de vie au quotidien des habitant·es des quartiers les plus pauvres.
Oui, la fermeture des épiceries de nuit c’est raciste. Oui, équiper les caméras de vidéoprotection de microphone c’est une mesure juste et humaine.
Les pauvres c’est une classe sociale dangereuse ! Il ne faut jamais l’oublier.
Et si jamais il venait à l’idée de ces gens de voter, histoire de demander des comptes aux élus, ils ne pourraient voter que pour Loulou. Loulou le seul à leur parler de sécurité, évidemment.

Idée 3 : Le mépris de classe, tu pratiqueras

Ami·e de gôche, ami·e perpignanais·se, tu appartiens à la petite bourgeoisie de province. Même si tu passes ton temps dans le dénie, y a pas le choix, tu en es. Mais les gens qui pourraient faire battre Loulou, eux, n’en sont pas.
Ils ne sont donc dignes que de ton mépris.
Dans les programmes de campagne tu valoriseras tout ce qui ne va pas dans l’intérêt des plus pauvres. Tu valoriseras les diplômés, parce que les pauvres ne le sont pas. Tu valoriseras des secteurs d’activités comme l’ESS, parce que les pauvres ne montent pas ce type de projet.
Tu oublieras de parler du quotidien des plus pauvres. Tu refuseras de dénoncer les contrôles au faciès. Tu refuseras de tirer le bilan des politiques publiques des collectivités territoriales tenues par la gôche, histoire de bien faire comprendre aux pauvres qu’ils ont intérêt à arrêter de se plaindre.
Tu penseras bien à faire des disco-soupes dans un quartier bourgeois.
Le mépris de classe doit être bien visible, les pauvres sont stupides et fainéants, ne l’oublie pas, s’ils ne l’étaient pas, ils auraient réussi dans la vie. Les structures sociales favorisant l’oppression et l’exploitation ça n’existe pas. Tu en es la preuve. Tu as réussi seul·e, tu as travaillé dur pour avoir ton diplôme de l’enseignement supérieur. Ta famille, et surtout son argent, n’y est pour rien.
Alors tu n’oublieras pas d’afficher ton « capital symbolique » lors des débats. Tu as un bac+5, c’est le premier truc que tu diras lorsque tu te présenteras en début de débat public. Le pauvre est méprisable, tu le mépriseras donc.
Et vu ton mépris à son égard, il ne votera pas pour toi !

Idée 4 : Du terrain, tu ne feras pas

Pour gagner une élection municipale il faut connaître la ville où on se présente comme candidat.
Or, ami·e de gôche, la ville, tu ne la connais pas le moins du monde. Normal, tu vis dans ta bulle, avec tes amis de gôche, avec qui tu as des « relations intellectuelles » d’une platitude sans nom. Tu ne lis pas les bons livres, d’ailleurs tu ne lis pas. Tu ne vois pas les bons films, d’ailleurs tu ne vas pas au cinéma. Tu ne fréquentes pas les bons habitant·es, d’ailleurs tu ne fréquentes pas les habitant·es.
Tu es une tomate hors-sol, transgénique et sans saveur. Un truc rouge bourré de flotte dont on se demande qui en a bien pu avoir l’idée.
Quand tu parles de la ville, tu parles d’un truc que tu ne connais pas, mais alors pas du tout.
Et il faut que ça dure. Ta crédibilité en dépend.
Enfin, quand je dis « crédibilité » j’entends par là « manque de crédibilité ».
Quand tu parles les perpignanais·es doivent tout de suite comprendre que tu ne parles pas d’eux. Iels doivent comprendre que tu parles d’une chimère. Iels doivent bien comprendre que « eux », tu t’en fous. Iels doivent comprendre que, quoi qu’il arrive, quoi qu’il advienne, la gôche n’est pas là pour eux.
Mais attention. Tu les méprises, certes, tu n’as rien à foutre d’eux, de leur vie, de leur joie et de leur peine. Mais tu dois le faire avec le sourire. Tu dois être empathique. Ou du moins en avoir l’air.
Le risque de mieux connaître le terrain, notamment en sympathisant avec les pauvres, ne doit pas être pris. Ce sont des gueux, point barre !

Idée 5 : Des postures tu prendras

De la posture à l’imposture il n’y a qu’un pas. Il ne faudra pas oublier de le franchir de temps à autres.
Il faut s’insurger, car Loulou est méchant. C’est d’ailleurs sa méchanceté qui fait de toi un gentil. Sans sa méchanceté tu ne serais qu’un crétin comme un autre.
Après tout, quand tu t’énerves sur les réseaux sociaux tu singes le comportement des mecs d’extrême droite. Les mêmes insultes, les mêmes pratiques, et, surtout, la même capacité à dire que, finalement, dépasser les limites de la décence c’est tout sauf grave.
Pour compenser ta médiocrité latente, tu es de gôche, ne l’oublie pas, tu prendras des postures en place publique. Pas n’importe quelles postures bien sûr. Tu prendras des postures issues de la gauche, la « vraie gauche », entend-on nous bien.
On t’accuse d’être un négrier, maltraitant tes employés, surtout quand ils sont noirs et immigrés ? Pas de soucis. Attaque publiquement le journal local et propose d’organiser une manifestation devant son siège pour dénoncer les propos racistes de ses lecteurs. Oui, dire haut et fort « le racisme c’est pas bien ! » et toujours une bonne posture. Ça ne mange pas de pain.
De temps en temps, en réunion, tu n’oubliera pas d’afficher ta solidarité avec les classes sociales « défavorisées ». Cela fait bon genre et tout le monde vantera ton ouverture d’esprit et ta compassion. On oubliera juste que les classes sociales en question tu passes ton temps à les éviter.
Tu es la « bourgeoisie éclairée », ne l’oublie pas. Certes, ami·e de gôche, tu n’as pas vraiment la lumière à tous les étages, mais ce qui compte c’est l’apparence.
Une bonne habitude dans la prise de posture, de préférence bien ridicule, ne peut que t’aider dans ta lutte pour la réélection triomphale de Loulou.

Idée 6 : Aucune solution tu ne proposeras

Perpignan affronte de nombreux problèmes. Il y a des problèmes au nord, il y a des problèmes au sud, il y a des problèmes au centre, il y a des problèmes à la périphérie. Il y a des problèmes partout !
Naïvement, ami·e de gôche, tu pourrais te dire qu’il faudrait proposer des solutions. Naïvement, ami·e de gôche, tu pourrais croire qu’il faudrait régler tous ses problèmes une bonne fois pour toutes.
Bordel !
La réélection de Loulou n’a que faire de la naïveté !
Moins les problèmes sont réglés, plus les gens votent pour les extrêmes. C’est pourtant simple.
D’ici 2026 il ne faudra rien proposer du tout. Ou alors des trucs sans aucune pertinence et totalement irréalistes.
Le pragmatisme, le bon sens et, surtout, l’intelligence devront être proscrits. La bêtise doit l’emporter. Les gens intelligents gagnent les élections. Donc, sois bête !

Idée 7 : La forme sur le fond tu préféreras

Le fond, surtout s’il est de qualité, fait gagner les élections. Donc il va falloir éviter en permanence de faire du fond. Mais c’est un lutte acharnée de tous les instants que cet évitement.
La solution pour limiter les efforts est de se vautrer dans la forme.
Prenons un exemple, ce sera plus parlant.
Tu es à la tête d’un collectif politique, un poil fourre-tout, et tu dois organiser une grosse prise de décision, du genre « on fait quoi dans les 5 années à venir ? ». Tous les signataires de ton manifeste, car oui, il te faut un manifeste si tu veut être de gôche, sont appelés à s’exprimer. Tu risques donc de devoir faire un débat sur le fond. Et parmi tes signataires il y a peut-être un type de gauche, de la « vraie gauche ». S’il parle ça va tourner au désastre. Ce con est capable de te sortir une analyse politique fine de la situation de Perpignan. Ce con est capable de bien voir comment les responsabilités se répartissent entre les différents acteurs locaux. Si tu n’y prends garde, ce gros con, parce qu’il faut bien appeler un chat un chat, peut te faire gagner les municipales en 2026.
Il faut donc absolument le museler.
Mais comment faire me demanderas-tu ?
Simple. Organise un débat sur la forme.
Comment ? Propose de débattre sur le mode de prise de décision. Tu es de gôche, tu connais forcément un gugus qui peut te tenir la jambe un quart d’heure sur la méthode Condorcet et embrouiller tout le monde avec le scrutin majoritaire. En deux temps trois mouvements ton débat de deux heures est foutu en l’air. Les participants sont dans le doute et choisissent le truc le moins étrange comme mode de décision. Le lendemain, ni vu ni connu, tu fais voter tout le monde et l’affaire est réglée.
De la forme, encore de la forme, toujours de la forme, et Loulou garde son siège de maire.

Idée 8 : Geindre tu feras

Le virilisme c’est mal. Le patriarcat c’est pire. Donc, ami·e de gôche, tu ne vas pas te comporter comme un homme. Ni comme une femme d’ailleurs. En gros tu vas éviter d’être adulte. Tu vas geindre comme un bambin en bas âges.
Tu auras l’air ridicule auprès des électeurs, ils iront donc voir ailleurs.
Mais, attention, ami·e de gôche, il ne faut pas geindre n’importe comment. Au risque d’attirer la sympathie du public et des électeurs. Tes jérémiades doivent être stupides et totalement hors de propos.
Se plaindre sur des sujets de fond, sur des sujets impactant la vie réelle des habitant·es ne peut rien apporter de bon électoralement. Au contraire, tu risques d’attirer sur toi leur sympathie, voire, pire, leur respect. Et dans ce cas, Loulou aurait des soucis à se faire pour 2026.
On geindra bêtement comme seules les petits bourgeois de province savent le faire.
Ami·e de gôche, sur ce point, tu n’as donc pas de soucis à te faire. Crois-moi sur parole.

Idée 9 : Des discours insipides tu tiendras

Antonio Gramsci est la référence de base de la stratégie pour la conquête du pouvoir de l’extrême droite. Le mec était louche d’ailleurs. Une preuve ? Le mec pensait qu’il faut éduquer les pauvres. C’est dire !
En plus il estimait que toute personne intelligente ne peut être que pessimiste. Et toi, ami·e de gôche, tu es particulièrement optimiste !
Loulou a besoin de l’hégémonie culturelle pour l’emporter haut la main en 2026. Tu vas donc activement l’aider.
Le poète disait, à juste titre, « les mots que vous employez n’étant plus « les mots » mais une sorte de conduit à travers lequel les analphabètes se font bonne conscience ». Il va donc falloir bâtir des discours autour de mots dénués de sens, autour de mots tellement creux que toute personne avec le niveau scolaire d’un élève de troisième remarquera bien l’indigence intellectuelle et la vacuité de tes discours.
Tu lutteras contre la « domination » au sein de la « résistance ». La seule critique idéologique que tu adresseras à Loulou c’est « facho ». Et tu prendras bien garde à ne jamais justifier ta critique. L’électeur ne doit pas comprendre ce qu’est le fascisme, d’ailleurs, ami·e de gôche tu ne le comprends pas toi-même. S’il comprenait ce qu’est le fascisme, Loulou pourrait perdre sèchement. Et pour toi, ami·e de gôche, c’est inacceptable.

Idée 10 : L’inculture tu promouvras

Ami·e de gôche, ami·e perpignanais·se, tu es inculte, totalement inculte, irrémédiablement inculte. Et tu en es fier·e.
Frédéric Lordon ? Jamais lu ! Franck Lepage ? Sûrement pas ! Murray Bookchin ? Qui ça ! ? Jean-Claude Michéa ? Il a écrit un bon bouquin sur le foot, sans plus.
Les héros et les penseurs de la gauche, surtout les modernes, tu les ignores. Ce qui est sans doute réciproque. Ton but est de faire en sorte qu’il soit impossible aux perpignanaises et aux perpignanais de penser « l’Alternative » au système. Iels doivent ne pas pouvoir penser du tout. Le vide intellectuel doit être la base de ton action politique. La gauche est forte lorsqu’elle pense, la gauche est forte lorsqu’elle développe une vision du monde. Et elle est encore plus forte lorsqu’elle se lance dans de véritables opérations d’éducation populaire. Et, ami·e de gôche, tu ne vas pas prendre ce risque ! Tu ne vas surtout pas valoriser tous ceux qui pensent. Tu vas les mépriser. Tu vas les ignorer. Et si quelque électeur, égaré intellectuellement, te demande un conseil, surtout, envoie le chier avec un auteur à la con, de préférence de droite.
La bêtise doit prévaloir sur l’intelligence !

Ami·e de gôche, ami·e perpignanais·se, si tu arrives à suivre au moins 5 de ces conseils, Loulou gagnera magistralement en 2026. Ainsi tu pourras être fier·e, tu pourras savourer 6 ans de plus d’une municipalité d’extrême droite qui donnera un sens à ta vie.
Ami·e de gôche, ami·e perpignanais·se, avec Loulou, la grandeur est à ta portée !

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