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  • MapLibre : gestion des contrôles

    Lors d’un premier tutoriel nous avons vu comment créer une carte simple avec MapLibre. Maintenant nous allons voir comment la décorer et la rendre un peu interactive. Pour ce faire, nous allons gérer les contrôles.

    Téléchargez les fichiers d’exemple : https://www.philippe-poisse.eu/zip/maplibre/maplibre_controles.zip

    Utilités et informations fondamentales

    MapLibre fournit des outils de contrôles par défaut qui sont :

    • La navigation, qui consiste en deux boutons (+ et -) pour gérer le niveau de zoom et une boussole pour orienter la carte vers le nord ;
    • Le plein écran, qui consiste en un bouton, qui, comme son nom l’indique, permet de passer la carte en mode plein écran ;
    • L’échelle, qui permet d’évaluer rapidement les distances ;
    • La géolocalisation, qui permet de récupérer les coordonnées GPS du client et d’adapter la carte à celles-ci.

    Tous ces contrôles sont implémentés en utilisant la méthode map.addControl(contrôle, position);

    Il existe quatre positions :

    • 'top-left'
    • 'top-right'
    • 'bottom-left'
    • 'bottom-right'

    Par défaut, les contrôles sont affichés en haut à droite (top-right).
    Lorsque plusieurs contrôles sont placés au même endroit, MapLibre va les empiler les uns au-dessus des autres. L’ordre d’ajout dans le code JavaScript devient donc très important, celui-ci étant suivi par MapLibre.

    Navigation

    // Zoom + boussole (en haut à droite)
    map.addControl(
        new maplibregl.NavigationControl(),
        'top-right'
    );

    Ce code permet afficher les boutons pour contrôler le zoom et la boussole. La boussole permet de réorienter la carte vers le nord après que l’utilisateur a effectué une rotation.

    Si votre carte est exclusivement en 2D, le code suivant permet de désactiver la rotation.

    //Zoom sans boussole et rotation désactivée
    const nav = new maplibregl.NavigationControl({
        showCompass: false
    });
    map.addControl(nav, 'top-right');

    Plein écran

    // Plein écran (en haut à droite, sous la navigation)
    map.addControl(
        new maplibregl.FullscreenControl(),
        'top-right'
    );

    Ce bouton permet de basculer en mode plein écran. C’est particulièrement utile pour les cartes intégrées dans une page Web proposant d’autres contenus.

    Il n’y a pas d’option particulière à connaître pour un usage standard. MapLibre gère automatiquement l’entrée et la sortie du mode plein écran via l’API Fullscreen du navigateur.

    Échelle

    // Échelle (en bas à gauche)
    map.addControl(
        new maplibregl.ScaleControl({
            maxWidth: 120,
    	unit: 'metric'
    	}),
    	'bottom-left'
    );

    Le `ScaleControl` affiche une règle graphique en bas de carte, indiquant la distance réelle correspondant à une longueur à l’écran. Elle se met à jour automatiquement lors du zoom.

    Trois unités sont disponibles :

    • « metric », qui utilisera le mètre ou le kilomètre. Cette unité est utile pour la majorité des cartes.
    • « imperial », qui utilisera la verge (yard) ou le mille terrestre internationale (mile). Cette unité est utile pour les cartes destinées à un public anglo-saxon.
    • « nautical », qui utilisera le mille marin. Cette unité est utile pour les cartes marines.

    Par convention, l’échelle se place en bas de la carte, le côté gauche étant le plus fréquemment utilisé.

    Géolocalisation

    // Géolocalisation (en haut à droite)
    map.addControl(
        new maplibregl.GeolocateControl({
            positionOptions: { enableHighAccuracy: true },
            trackUserLocation: true,
            showAccuracyCircle: true
        }),
        'top-right'
    );

    Voici ce que font les principales options :

    • trackUserLocation — lorsque la valeur « true » est choisie, la carte suit la position de l’utilisateur en continu, comme un mode navigation. Lorsque « false » est choisie, la carte se centre une seule fois sur sa position.
    • showAccuracyCircle — cette option permet d’afficher un cercle semi-transparent autour du point GPS pour donner une idée de la précision de la localisation. C’est très utile pour signaler à l’utilisateur que sa position est approximative.
    • positionOptions.enableHighAccuracy — cette option indique au navigateur d’utiliser la source de localisation la plus précise disponible (le GPS plutôt que le WiFi ou le réseau mobile). En contrepartie, la position peut être légèrement plus longue à obtenir.

    Il est important de retenir que l’API du navigateur Web exige que la page soit servie en HTTPS. Dans le cas contraire, l’API ne fonctionnera tout simplement pas. Le bouton s’affichera mais sera inactif. De toute manière, il est préférable d’utiliser HTTPS plutôt que HTTP.

    Voilà, vous disposez maintenant du code pour gérer les contrôles fournis par MapLibre. Des contrôles personnalisés peuvent être créés, ce sera l’objet d’un autre tutoriel.

  • Débuter avec MapLibre et MapTiler

    Le monde du WebMapping évolue, et, clairement, il n’y a pas que Leaflet dans la vie. Aujourd’hui, on va donc parler de tuiles vectorielles, de MapLibre et de MapTiler.
    En avant pour un petit tuto !

    La carte

    Télécharger les fichiers sources

    Objectif

    Depuis quelques années, il est possible d’utiliser des tuiles vectorielles pour les fonds de carte. Ce type de tuile permet notamment aux développeurs de personnaliser le style des cartes. Il est aussi possible d’auto-héberger les fichiers de styles, généralement au format JSON.

    Pour les débutants, le mieux est de commencer avec des fournisseurs en ligne, comme MapTiler.

    L’objectif ici sera simplement d’afficher une carte, avec un fond de carte utilisant des tuiles vectorielles. La gestion des données viendra un peu plus tard.

    MapLibre sert à afficher la carte. MapTiler fournit ici les ressources cartographiques.

    Le code

    Code pour le CDN

    <script src="https://unpkg.com/maplibre-gl@^5.24.0/dist/maplibre-gl.js"></script>
    <link href="https://unpkg.com/maplibre-gl@^5.24.0/dist/maplibre-gl.css" rel="stylesheet" />

    Le code HTML

    <div id="map"></div>

    Le code CSS

    #map {
    	display: block;
    	width: 500px;
    	height: 500px;
    	border: solid 1px black;
    }

    Le code JavaScript

    var map = new maplibregl.Map({
    	container: 'map', // container id
    	style: 'https://api.maptiler.com/maps/streets-v4/style.json?key=####', //style MapTiler
    	center: [2.895556, 42.698611], // starting position [lng, lat]
    	zoom: 10 // starting zoom
        });

    Explication

    Le code est assez trivial. Les habitués de Leaflet n’auront aucun mal à le comprendre.

    D’abord, il fait créer une variable qui permettra d’instancier l’objet MapLibre.
    Le container correspond à la div qui accueille la carte. Son identifiant est utilisé ici.
    Le style permet de gérer le fond de carte. Ici j’utilise un fond fourni par MapTiler. Pour cela, il faut créer un compte sur le site de MapTiler et récupérer une clé API. La clé doit être passée à la fin de l’URL (les ####).
    Le center correspond aux coordonnées du centre de la carte. Il faudra évidemment les choisir en fonction de vos besoins. On verra dans d’autres tutoriels comment automatiser cette tâche.
    Le zoom définit, comme son nom l’indique, le niveau de zoom au chargement de la carte. Les valeurs vont de 0 (le monde entier) à 22 (quelques pâtés de maisons).

    Vous avez à présent le code nécessaire pour une première carte toute simple. Il ne reste plus qu’à la décorer et à la rendre interactive.
    La suite dans un prochain tutoriel.

    Liens

  • Exécuter plusieurs requêtes SQL avec un événement MySQL

    Exécuter plusieurs requêtes SQL avec un événement MySQL

    On continue avec la gestion des événements de MySQL. Ce coup-ci l’objectif est d’exécuter plusieurs requêtes dans un même événement.

    Principe

    Dans le cadre de la maintenance courante d’une base de données il est fréquent d’exécuter un ensemble de requêtes s’appliquant à plusieurs tables. Si les opérations sont automatisées via des événements le développeur/administrateur a deux solutions pour la mise en œuvre de ces taches : créer plusieurs événements, chacun n’exécutant qu’une seule requête ; créer un événement exécutant plusieurs requêtes.

    Les deux méthodes ont leurs avantages et leurs inconvénients. Dans le cas d’un événement exécutant plusieurs requêtes l’avantage principal sera la création d’une routine claire, avec la maîtrise de l’ordre d’exécution des requêtes.

    Code

    CREATE DEFINER=user
    EVENT `clean_drupal_cache`
    ON SCHEDULE EVERY 1 DAY STARTS '2026-03-11 06:34:24'
    ON COMPLETION NOT PRESERVE ENABLE
    COMMENT 'Vide les tables de cache'
    DO

    BEGIN

    DELETE FROM dru5259_cache_page
    WHERE expire <> -1 AND expire < UNIX_TIMESTAMP();

    DELETE FROM dru5259_cache_render
    WHERE expire <> -1 AND expire < UNIX_TIMESTAMP();

    DELETE FROM dru5259_cache_dynamic_page_cache
    WHERE expire <> -1 AND expire < UNIX_TIMESTAMP();

    DELETE FROM dru5259_cache_data
    WHERE expire <> -1 AND expire < UNIX_TIMESTAMP();

    END

    Le code permet d’effacer tous les enregistrements dans les tables de cache vieux de plus d’un jour. N’oubliez pas d’adapter le « user » en fonction de votre configuration.

    Démarche

    Dans un premier il faut écrire et tester les requêtes une par une. De préférence avec une base de données de test. J’enfonce une porte ouverte, mais les fondamentaux doivent toujours être rappelés de temps en temps.

    Une fois les requêtes fonctionnelles, il faudra les tester en bloc. Si rien ne casse, vous pouvez passez à l’écriture du code pour l’événement.

    La première partie du code est triviale. Elle est identique à celle pour un événement n’exécutant qu’une seule requête.

    La partie incluant les requêtes commence par BEGIN et finit par END. Entre ces deux mots clés il faudra écrire l’intégralité des requêtes SQL. Il est très important de ne pas oublier de finir les requêtes par un point virgule « ; ». Dans le cas contraire l’événement risque de ne pas s’exécuter du tout.

    Concernant l’ordre d’exécution des requêtes, il faut préciser qu’elles seront exécutées séquentiellement. Elles s’exécuteront donc l’une après l’autre, dans l’ordre d’écriture, et seulement une fois que la requête précédente aura été exécutée. Il faut donc correctement définir cet ordre, sous peine de générer des erreurs, pouvant empêcher le bon fonctionnement de votre base de données.

    Trucs et astuces

    Vous utilisez phpMyAdmin pour créer vos événements ? Vous avez raison. Et vous êtes un battant !

    Mais vous rencontrez des erreurs lorsque vous créer ce type d’événements.

    Hormis les problèmes liés aux requêtes en elles-mêmes, phpMyAdmin peut afficher un message d’erreur s’il n’y a pas de ligne après BEGIN et avant END. Il faudra donc bien penser à sauter des lignes.

    De la même manière n’hésitez pas à sauter des lignes entre chaque requête. Cela rendra votre code plus lisible et plus facile à maintenir.

  • Automatiser la gestion de vos bases de données MySQL à l’aide d’événements

    Courant 2025 le site eixerit.info a connu de nombreux problèmes techniques, principalement dû à la base de données, tournant avec MySQL. Ces problèmes sont, en grande partie, réglés grâce à la création d’un événement en SQL, directement exécuté par le serveur de base de données.
    Voici un petit tutoriel sur le sujet.

    Cas concret

    En 2024 j’ai passé le site sous Drupal. L’installation a été réalisée directement depuis le back-office d’OVH. Rétrospectivement c’était sans doute une erreur, Drupal étant mal configuré au final. Le résultat a été que les tables de gestion des logs et la table watchdog se sont rapidement remplies, suite à des tentatives de création de faux comptes et d’utilisation d’URL erronées par des bots.
    En quelques jours la taille de la base de données dépassait donc les 512 Mo, soit la taille disponible dans le cadre de l’hébergement mutualisé que j’ai souscrit.

    La solution simple consiste à effacer périodiquement ces tables.

    Sauf que cette solution est contraignante. Il faut en effet se connecter fréquemment, effectuer les opérations, et vérifier que l’on n’a rien cassé.

    L’idée pour évacuer cette contrainte est donc d’automatiser toutes ces opérations. Il existe plusieurs méthodes, mais la plus efficace et la plus simple est d’utiliser la fonction d’automatisation de MySQL, qui passe par la création d’un événement (event).

    Principe

    MySQL dispose de la possibilité de création d’événements temporel. En pratique une ou plusieurs requêtes SQL peuvent être exécutées automatiquement à des moments précis. Cela revient à utiliser un cron directement à l’intérieur du serveur.

    Sous réserve de disposer des bons privilèges, n’importe quelle requête peut être exécutée. Cela permet d’automatiser la plupart des taches courantes d’administration.

    Avant de créer un ou plusieurs événements, vous devrez vérifier que l’option est disponible pour votre hébergement. Pour vous assurer que le gestionnaire d’événements est activité il suffit de passer la commande SQL suivante :

    SET GLOBAL event_scheduler = ON;

    Code

    Le code pour la table watchdog :

    CREATE DEFINER=user 
    EVENT `clear_watchdog`
    ON SCHEDULE EVERY 1 DAY STARTS '2026-03-07 08:35:36'
    ON COMPLETION NOT PRESERVE ENABLE
    COMMENT 'Vide la table watchdog tous les jours'
    DO TRUNCATE TABLE watchdog

    Le code est assez simple. Le « user » correspond à votre nom d’utilisateur, il faudra l’adapter en fonction de la configuration de votre serveur.

    Vous devrez donner un nom explicite votre événement. De la même manière il faudra configurer la périodicité de l’événement.
    La dernière ligne contient la requête SQL à exécuter. Elle devra forcément commencer par « do ».

    De nombreux outils permettent de générer automatiquement le code SQL. C’est notamment le cas de phpMyAdmin, qui est assez simple à utiliser. N’hésitez pas à l’utiliser.

    Capture d’écran de l’interface de phpMyAdmin

    Conclusion

  • L’avis d’Oxfam sur le projet du Pou de les Colobres

    L’avis d’Oxfam sur le projet du Pou de les Colobres


    Le 17 février 2025, l’association Oxfam a publié son rapport « Pour des villes résilientes », dont une section qui pointe le projet du Pou de les Colobres.

    Ce projet prévoit l’urbanisation de 30 hectares au sud de Perpignan, une zone qui constitue l’une des dernières réserves de biodiversité de la commune.

    Lors du conseil municipal de février 2025, le lancement de la procédure de déclaration d’utilité publique (DUP) a été voté. Depuis 2008, le promoteur n’a acquis que 20 000 m² sur les 280 000 m² du site. Cette DUP lui offrirait désormais la possibilité de recourir à l’expropriation, ouvrant la voie à une urbanisation massive malgré une opposition assez large, de la part des habitants et des associations.

    Le rapport

    Le PDF ne s’affiche pas. Télécharger le document.

    Liens et sources

  • Automatiser l’ouverture des PDF dans Firefox

    Vous passez beaucoup de temps à chercher de l’information sur Internet, et donc vous vous retrouvez fréquemment face à des fichiers PDF. Et, malheureusement, au lieu de les ouvrir, Firefox les télécharge et vous laisse vous démerder avec. Ce qui est une perte de temps et énervant.
    Voici la solution à vos problèmes, ou presque.

    Paramètres

    Pour gérer le comportement de Firefox il suffit d’aller dans le menu paramètres. Pour ce faire il existe trois méthodes, aussi simples les unes que les autres.

    1. Dans le menu Outils, cliquez sur paramètres.
    2. Cliquez sur le hamburger à droite de la fenêtre et, en bas du menu contextuel qui s’offre, cliquez sur paramètres.
    3. Dans la barre d’adresse, tapez directement « about:preferences ».

    Dans le menu « Général » cherchez la section « Applications ». Dans le tableau il suffit de chercher la ligne correspondant au PDF, c’est-à-dire celle précisant « Format de document portable ». Il ne reste plus qu’à configurer le type d’action.

    Configuration

    Capture d’écran de Firefox montrant les paramètres

    Firefox vous propose 5 à 6 options.

    1. Ouvrir dans Firefox, ou « Ouvrir dans Firefox (par défaut) » selon la version, ce qui permet d’ouvrir le fichier dans un nouvel onglet.
    2. Toujours demander.
    3. Enregistrer le fichier.
    4. Utiliser l’application par défaut de Windows.
    5. Utiliser Acrobat Reader (s’il est installé).
    6. Autre (une liste des logiciels disponibles s’affichera).

    Pour ouvrir de façon automatique il faut choisir la première option. Vous pourrez toujours changer d’avis en cours de route et modifier la configuration.

    Une fois la configuration modifiée vous pouvez fermer cet onglet et retourner à votre navigation.

  • 10 septembre à Perpignan, retour en image

    Le 10 septembre 2025 près de 3 000 personnes ont participé à Perpignan au rassemblement organisé dans le cadre du mouvement #bloquonstout.

    Un défilé a eu lieu à partir de 11 heures en centre-ville. Celui-ci a été suivi pa run un blocage du Cours Lazare-Escarguel en début d’après-midi.
    Une opération « caddie vide » a eu lieu au Carrefour Château-Roussillon.


    Les manifestants arrachent des affiches à l’effigie de Marine Le Pen et de Jordan Bardella lors de la manifestation du 10 septembre 2025 à Perpignan.

    En début de soirée une AG a pris place au pied du Castillet.

    De prochaines actions sont prévues.

  • Projet d’aménagement des berges de la Basse

    Dans le cadre de la participation du public par voie électronique (PPVE) concernant le projet d’aménagement des berges de la Basse, j’ai envoyé à la préfecture mes observations.

    Le billet suivant reprend l’intégralité de ces observations.

    Le dossier pour la PPVE est disponible à cette adresse : https://www.pyrenees-orientales.gouv.fr/Publications/Enquetes-publiques-et-autres-procedures/Enquetes-et-consultations-publiques/PPVE-Projet-d-amenagement-des-berges-de-la-Basse

    Télécharger la version PDF des observations  : https://blog.philippe-poisse.eu/wp-content/uploads/2025/07/observations-berges-de-la-Basse.pdf


    Madame, Monsieur

    Dans le cadre de la PPVE concernant le projet d’aménagement des berges de la Basse, je vous fais part de mes observations.
    Je suis opposé à ce projet pour les raisons que je développe dans le texte suivant.

    Sur la méthode

    Le premier point qui saute aux yeux lorsque l’on analyse ce projet, c’est l’absence de demande de la part des Perpignanaises et des Perpignanais pour cet aménagement.
    Une première version, très proche de l’actuelle, a déjà été présentée fin 2021. Elle avait à l’époque été largement rejetée, que ce soit par les associations ou par les habitants.
    En 2025, le rejet devrait être le même.

    Le dossier ne comporte aucune étude sur la mobilité, sur l’impact de la piste cyclable sur la part modale du vélo, ni sur le financement du projet.
    La lecture du dossier ne permet pas de savoir quels sont les objectifs de la municipalité pour la mobilité dans le centre-ville, ni si l’investissement est important ou non. Il est donc difficile de se faire un avis sur la pertinence du projet.
    De plus, comme à son habitude, la municipalité ne semble pas avoir réalisé un bilan carbone pour ce projet. En 2025, cette absence interroge.
    Le projet ne semble donc reposer sur rien de sérieux.

    Pour finir, il est clair que la municipalité n’a pas cherché à associer les associations et les habitants pour bâtir ce projet. Les défauts évidents qui le caractérisent auraient pu être évités si le montage avait été réalisé autrement qu’en catimini. En 2025 il serait bon que la municipalité de Perpignan accepte de travailler avec les habitants.

    L’analyse, sur la forme, de ce projet d’aménagement des berges de la Basse laisse penser qu’il s’agit simplement d’un outil de communication que la municipalité dégaine à un an des élections municipales. Elle ne semble pas réellement se soucier du fond, qui est, lui, clairement une insulte à l’intelligence des Perpignanaises et des Perpignanais.

    Sur le fond

    Accessibilité limitée

    Le premier point qui saute aux yeux à la lecture du dossier est le manque de réelle prise en compte des Personnes à Mobilité Réduite (PMR). Les aménagements ne sont pas pensés pour eux. Notamment au niveau de la séquence 1. Les accès sont en effet principalement des escaliers, les personnes en fauteuil roulant ne pourront donc pas les utiliser. Aucun ascenseur ne semble prévu, sans doute pour des raisons de coût financier.
    À la lecture des plans et des descriptions il ne semble pas que les deux rampes soient correctement pensées pour les PMR. Elles sont très longues, plusieurs dizaines de mètres, et rien n’indiquent qu’elles disposent de palier de repos. Les PMR auront obligatoirement besoin d’assistance pour les monter. Ce problème pourrait être facilement réglé par le porteur de projet, mais il ne semble pas s’en soucier.
    En 2025, c’est totalement inacceptable !

    Les familles avec des poussettes ne pourront accéder à la séquence 1 que depuis la rampe Courteline, ce qui peut être un problème pour les familles venant du centre-ville. Des ascenseurs devraient équiper à minima la porte Catalogne et la porte Castillet.

    Ce refus de travailler l’accessibilité des berges de la Basse montre bien qu’il n’y a pas eu de réflexion sur le public visé. Sur ce point le projet est à revoir totalement.

    Un cheminement déjà existant

    Entre 2022 et 2023 des travaux d’aménagement ont eu lieu rue Jean Payra et sur le pont Joffre. L’un des objectifs de ces travaux était de réaliser un cheminement cyclable permettant de rejoindre la rive gauche de la Têt depuis le centre-ville en toute sécurité.
    Cet aménagement a été livré au printemps 2023 (article de l’Indépendant sur le sujet : https://www.lindependant.fr/2023/03/24/perpignan-la-nouvelle-rue-jean-payra-livree-la-semaine-prochaine-dautres-chantiers-continuent-11086172.php). Ces travaux auraient déjà coûté près de 1,2 million d’euros et la piste est parfaitement fonctionnelle. Créer un nouveau cheminement n’apportera rien pour les cyclistes. En effet le gros de la circulation est sur un axe nord-sud, non sur un axe est-ouest. Les cyclistes qui franchissent la Têt en venant du centre-ville cherchent principalement à rejoindre le nord de Perpignan, et non pas l’est ou les communes comme Bompas. D’ailleurs, aucune analyse du trafic n’est fournie dans le dossier. La municipalité ne justifie aucunement de l’utilité de cette piste.

    Le coût des travaux pour la création d’une sorte de tunnel au niveau de l’actuel rond-point de la Basse ne se justifie pas à la vue du peu d’utilité du nouveau tracé. L’abandon de ce projet serait favorable aux finances publiques et aux contribuables.

    Risques pour la sécurité des usagers

    L’aspect sécurité n’a pas non plus été très travaillé.
    La piste doit être bidirectionnelle (les cyclistes doivent pouvoir se croiser) et partagée entre les cyclistes et les piétons. Or, comme il s’agit d’un axe de transit pour les cyclistes, ceux-ci auront tendance à rouler vite. S’ils empruntent cet itinéraire c’est pour gagner du temps. La cohabitation avec des piétons qui ne seront là que pour flâner sera très compliquée. L’espace pour les cyclistes et l’espace pour les piétons doivent être séparés pour des raisons de sécurité. D’après les plans présentés, ce n’est pas le cas.

    On notera aussi que le bord des berges ne semble pas être protégé par des rambardes. Rien ne semble être prévu pour empêcher d’éventuelles chutes.

    Un problème de vision de la ville

    D’une certaine manière ce projet et sa critique sont une nouvelle forme, locale, de l’opposition philosophique entre la vision du Corbusier et celle d’Henri Lefebvre.
    La municipalité, qui a déjà montré son appétence pour un « urbanisme de l’espace abstrait », lance donc un projet sans vision pour la ville. Le projet d’origine, présenté en 2021, consistait en un simple trait dessiné au feutre sur une carte de Perpignan. Cette nouvelle version est à peine plus réfléchie.
    La municipalité ne semble pas être capable de trancher sur la fonction première des berges de la Basse. Est-ce une zone que l’on observe, sans y toucher, comme cela est censé être le cas au niveau du quai Vauban, ou bien un lieu de passage, avec une piste cyclable ?
    S’il s’agit d’un lieu à observer, le projet d’aménagement n’a aucun sens.
    S’il s’agit d’un lieu permettant aux cyclistes et aux piétons de passer, en raccordant plusieurs quartiers de la ville, le projet d’aménagement doit être revu en profondeur.

    Nantie d’une vision « technocratique », la municipalité pense la ville comme un espace qui doit être parfaitement ordonné, rationalisé. Elle nie toute possibilité à l’espace d’être socialement construit. Les deux « placettes » sont imposées arbitrairement, sans qu’aucune justification ne soit fournie. Les gens se poseront là où la municipalité veut qu’ils se posent. Pas ailleurs ! Le concept de « ligne de désir », pourtant très bien documenté en urbanisme, semble étranger à ceux qui ont décidé de cet aménagement.

    En l’état, ce projet d’aménagement des berges de la Basse ressemble fort à une sorte de lubie. Un besoin de descendre boire un verre sur le gazon, au bord de l’eau, sans risquer une contredanse. Au vu du coût annoncé, c’est une lubie qui va peser lourd sur les finances publiques.

    Cordialement
    Philippe Poisse
    Perpignan, le 24 juillet 2025


    Sources et liens

  • Sigma SD14 et photographie infrarouge

    Mis à part le fait d’être un appareil un poil hors normes, le SD14 de Sigma a l’avantage d’avoir un filtre infrarouge amovible. Une fois celui-ci retiré, il est donc possible de photographier en infrarouge, notamment en ajoutant un filtre IR adéquat.

    Le matos

    Les appareils Sigma de la gamme SD disposent d’un filtre infrarouge amovible, placé devant le capteur. Ce filtre peut être retiré de manière à pouvoir nettoyer le capteur. Le système étant totalement passif, il est possible de prendre des photos sans remettre le filtre. Dans ce cas, l’image contiendra de la lumière visible et de l’infrarouge. Dites donc adieu aux objets blancs !

    Pour n’avoir que de l’infrarouge il est nécessaire d’ajouter un filtre, à visser sur l’objectif. J’ai opté pour un filtre Hoya R72. Celui-ci ne laisse passer que les longueurs d’onde supérieures à 720 nm.

    Une fois équipé, vous pouvez sortir prendre des photos.

    Sur le terrain

    Les Jardins de la Basse à Perpignan

    Le SD14 ne dispose que d’un viseur optique pour la mise au point et le cadrage. L’usage d’un trépied est donc indispensable. La technique est assez simple, il faut cadrer, mettre au point, et fixer le filtre juste avant de déclencher.

    Pour régler l’exposition il ne faudra pas hésiter à tâtonner. Après plusieurs essais j’ai fini par opter pour F11 avec des temps de pose relativement courts, du type un centième de seconde. L’absence de filtre IR sur le capteur rend ce dernier très sensible. Avec des temps de pose proche de la seconde toutes les lumières seront cramées.

    Sur le terrain il ne faudra pas avoir peur d’essayer. Et d’avoir un taux de déchet très élevé, surtout au début.

    Les Jardins de la Basse à Perpignan

    Avec The Gimp

    Pour l’instant j’e n’ai travaillé que des photos prises au format JPEG et non au format X3F, le format RAW de Sigma. Mais vu les caractéristiques techniques du capteur Foveon je finirais bien par me remettre au logiciel de Sigma pour la gestion des RAW.

    Les images apparaissent dans des nuances de rouge, ce qui est logique puisque seule la couche du capteur sensible au rouge capte la lumière. Le travail dans The Gimp consiste donc à convertir vers du monochrome. Une désaturation et un travail sur les contrastes sont nécessaires. De nombreux tutoriels existent déjà, je vous laisse vous y référer.

    Les Jardins de la Basse à Perpignan

    Pour l’instant je n’ai pas beaucoup de temps pour des sorties dédiées à l’infrarouge. Les résultats ne sont donc pas encore très probants. Mais avec un peu temps, et pas mal de travail, je devrais bien finir par arriver à quelque chose de convaincant.

    En attendant de nouvelles publications de ma part, sortez et photographiez !

  • Retour en images sur la Mani’festive


    Le dimanche 29 juin, bravant la canicule, une centaine de personnes a participé à un rassemblement à Terrats pour dénoncer les projets d’agrivoltaïsme dans les Pyrénées-Orientales.