Accessibilité des arrêts de bus : où comment oublier les Z’handicapés dans les programmes municipaux !

Les bus doivent-ils se baisser pour permettre aux Z’handicapés de monter et de descendre tout seul comme des grands ?
Pour Jean-Marc Pujol la réponse est oui !
Pour les 8 autres listes (y’a LO dans le lot, maintenant) on ne sait pas. Elles n’en parlent pas.
Ou si peu !

Petite précision avant de commencer

On commencera d’abord par recadrer un peu le débat.
Les Z’handicapés ne sont pas tous en fauteuil roulant. Il existe plusieurs familles de handicaps et de nombreux handicaps ne posent pas de problèmes de mobilité.
Mais tous, et je dis bien tous, posent des problèmes d’accessibilité. Le problème étant que lorsque l’on est Z’handicapé on est contraint de frayer avec les valides, et que les valides, hein,…, on va pas revenir dessus. Vous savez ce que j’en pense.

Bref, monsieur le maire nous parle donc de l’accès au bus en fauteuil roulant.
Attention, le texte qui suit s’applique aux bus urbains, pas aux cars interurbains qui disposent d’autres types d’équipement.

Comment ça marche et problèmes techniques

Grosso merdo, comment un fauteuil (appelons ces Z’handicapés là comme ça, c’est plus simple et plus rapide) monte ou descend d’un bus est très simple à comprendre ?
Le bus se colle contre le quai et une rampe, positionnée en règle générale au milieu du véhicule, sort pour rejoindre le quai. Le fauteuil roule sur la rampe.
Comme dirait l’autre, c’est bel et bon.

Y’a juste un petit hic, c’est que la rampe ne doit pas être trop inclinée. Sinon c’est le drame.
La pente doit être inférieur à 10 % avec une palette (c’est le terme technique) de 90 cm.
Hors les quais, en ville, c’est souvent de vulgaires trottoirs. Et c’est vulgaire un trottoir. À s’en péter le coude je vous dis.
Et la hauteur d’un trottoir c’est généralement inférieur à 12 cm.
Et évidemment c’est trop bas comme hauteur.

Les solutions et les contraintes

Il y a donc 3 solutions techniques possibles.
La première serait de rallonger la rampe. Je ne rentre pas dans les détails, mais basiquement c’est impossible. Le matériel est trop fragile.
La deuxième, celle de notre bon ami Jean-Marc, est de permettre aux bus de se baisser. Là c’est pas bien compliqué, il suffit d’acheter des bus qui peuvent s’agenouiller sur le côté droit. Ce type de véhicule est en vente depuis le milieu des années 90 et c’est ce que Perpignan Méditerranée a fait avec les « bus tram ». D’autres bus étaient déjà capables d’une telle prouesse en 2011-2012 à Perpignan. Pas de quoi sauter au plafond donc.

Cette deuxième solution a juste un défaut. Le bus gagne 8 cm, certes, mais cela n’est pas toujours suffisant. Les trottoirs sont bas, si bas.

On finit par devoir étudier la troisième solution : avoir des arrêts de bus aux normes !

Mais pourquoi ne le fait-on pas tellement ?
Parce que ça coûte cher, dans les 30 000 € le point (un arrêt est constitué de 1 à plusieurs points) et aux dernières nouvelles Perpignan Méditerranée compterait un bon millier de points.
On recomptera à l’occasion, mais toujours est-il que l’accessibilité de tous les arrêts de bus coûterait cher et on ne va pas dépenser des millions pour deux Z’handicapés en fauteuil !
Autant mettre l’argent ailleurs, par exemple dans des routes, inutiles et polluantes.

Et les programmes municipaux ?

Les bus seront gratuits quand [mettre le nom de la liste que vous soutenez] sera élue !
Bon, en fauteuil vous ne les prendrez pas, mais c’est pas grave, on filera du fric au GIHP et tout le monde sera content.
Sauf les PMR et leur famille.

On pourrait espérer que les listes s’engagent sur une évaluation sérieuse de l’état de la voirie de Perpignan.
On pourrait espérer qu’elles s’engagent sur une évaluation sérieuse de l’accessibilité des arrêts de bus.
On pourrait espérer qu’elles s’engagent sur une évaluation sérieuse de l’accessibilité des cheminements entre les différents points constituant les arrêts.
On pourrait espérer qu’elles s’engagent sur la publication de ces évaluations.
On pourrait espérer qu’elles donnent quelques garanties sur le sérieux de l’entretien des bus.
On pourrait espérer qu’elles s’engagent sur le fait que l’autonomie doit être la règle et que le transport à la demande doit être l’exception (même si c’est vachement pratique, faut bien le reconnaître).

Informations techniques

Ce billet relève plus du coup de gueule que de l’article sérieux et documenté. Toutefois je vous donne, ami lecteur, deux petits liens sur l’accessibilité des bus et des arrêts.
C’est très insuffisant, car il faudrait aussi parler des normes techniques que prévoit la loi pour les cheminements, et qui globalement ne sont pas trop respectées.
Si vous désirez avoir lus d’information sur le sujet et mieux comprendre les enjeux je ne serais trop vous invitez à rencontrer les associations de défense des droits des personnes en situation de handicap près de chez vous. Elle seront ravie de vous recevoir et de parler avec vous de ces sujets.
Un article généraliste : https://www.transbus.org/dossiers/accesstu.html
Un article sur les normes des quais : https://www.handinorme.com/accessibilite-handicap/208-comment-rendre-accessibles-vos-quais-de-bus

Et parce que je suis sympa comme tout, un petit rappel à la loi : https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000034485459&categorieLien=id

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